Séance d’engagement en ligne post-symposium CHIC 2024

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7 août 2024.

Introduction

Ce white paper résume les discussions de la réunion d’engagement post-symposium en ligne tenue le 7 août 2024, qui a suivi le symposium sur le HPV de décembre 2023 à Abidjan, Côte d’Ivoire. S’appuyant sur l’augmentation significative de la couverture HPV1 rapportée dans les Estimations de la Couverture Vaccinale Nationale de l’OMS et de l’UNICEF en 2023 (1), où la région AFRO a enregistré une hausse de 28 % en 2022 à 40 % en 2023, cette session d’engagement en ligne visait à mettre en avant les meilleures pratiques et les avancées réalisées par les pays africains. L’objectif était de fournir une plateforme de partage des meilleures pratiques et des stratégies évolutives au sein de la communauté de pratique du CHIC, afin de favoriser l’apprentissage collectif et la collaboration. Les discussions se sont concentrées sur les stratégies pour maintenir cet élan, surmonter les obstacles et optimiser les modèles de prestation afin d’augmenter la couverture vaccinale. Ce document offre des perspectives des représentants des pays et met en lumière certaines des questions critiques soulevées lors de la réunion.

Mises à jour par pays

Burkina Faso

Depuis le passage à un calendrier de vaccination par une dose unique contre le HPV début 2023, le Burkina Faso a réalisé des progrès significatifs. Après avoir mené un projet pilote de 2015 à 2017 dans deux districts, le pays est passé à un calendrier à deux doses en 2022. En décembre 2022, suite aux recommandations du Comité National de l’Immunisation (NITAG), le ministère de la Santé a révisé le calendrier pour adopter une dose unique. Ce changement a été pleinement mis en œuvre en février 2023, permettant la vaccination de 144 000 filles au cours d’une campagne d’intensification d’une semaine en 2023. En 2024, le nombre de filles vaccinées pendant la période d’intensification a chuté à 71 076, néanmoins, davantage de filles ont été vaccinées pendant la période de campagne de routine en 2024.

Cela a soulevé la question de savoir comment maintenir des taux de couverture élevés, en particulier lors des campagnes d’intensification, et quelles stratégies pourraient être employées pour compenser la réduction des chiffres pendant les périodes de routine. Il a été suggéré qu’un ciblage plus précis des zones rurales et une stratégie de communication renforcée pourraient contribuer à relever ce défi.

Cameroun

En 2023, le Cameroun a renforcé son programme de vaccination contre le HPV en adoptant une approche à dose unique, non genrée, ainsi qu’une intensification périodique des efforts de vaccination de routine. Ces changements stratégiques ont permis des améliorations significatives de la couverture vaccinale, tant pour les filles que pour les garçons. La transition vers un protocole à dose unique a encore accéléré les progrès, une communication efficace entre les partenaires ayant joué un rôle clé dans ces succès.

La discussion s’est concentrée sur la manière dont le Cameroun pourrait mieux maintenir ses efforts de vaccination tout au long de l’année. Le Cameroun envisage de mener une campagne de vaccination des adolescents âgés de 9 à 15 ans vivant avec le VIH. Le potentiel d’amélioration supplémentaire par l’intégration de la vaccination contre le HPV dans la campagne « Big Catch-up » et d’autres initiatives de vaccination a également été abordé.

Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire a fait des progrès pour maintenir l’élan en faveur de la vaccination contre le HPV, notamment avec la rédaction d’un plan national pour l’élimination du cancer du col de l’utérus en juin 2024 et la Déclaration d’Abidjan sur le financement durable des vaccins en juillet 2024. Le pays s’est concentré sur le renforcement des dialogues communautaires et la formation des agents de santé dans les écoles et universités pour augmenter la couverture vaccinale. Malgré ces efforts, la Côte d’Ivoire a rencontré des défis importants en raison de pénuries de vaccins. En 2023, le pays a connu 189 jours de rupture de stock, et en 2024, il y a eu 115 jours sans vaccins disponibles.

Des questions se sont posées quant à la manière dont le pays peut assurer une disponibilité continue des vaccins et maintenir l’élan de la couverture malgré ces problèmes d’approvisionnement. Il a également été demandé comment la Côte d’Ivoire pourrait mieux coordonner avec les acteurs locaux, tels que les agents de santé communautaires, pour atténuer l’impact des ruptures de stock et continuer les activités de sensibilisation dans les zones frontalières insécurisées.

Nigéria

Nigeria’s phased introduction of the HPV vaccine has achieved remarkable success, with over 12 million girls vaccinated by mid-2024. The program, which began with a 16-state campaign delivering vaccine in public health facilities in 2023, reached 96% coverage in the second phase in 2024. This progress was driven by strong political commitment, including the support of the First Lady, and by integrating the HPV vaccine into existing health outreach activities. The country aims to integrate the HPV vaccine into routine immunization by 2025 targetting 9 year old girls.

However, the challenge of lower coverage in regions such as Lagos, where a targeted campaign is planned, prompted discussions on how Nigeria could replicate the success seen in other states. The need for sustained coordination between health facilities and schools was emphasized, as well as the importance of community outreach, particularly for out-of-school girls. A key lesson learned was the effectiveness of integrating HPV vaccination with other public health initiatives, but questions remain about how to address regional disparities in coverage and how to ensure equitable access for all eligible girls.

Zimbabwe

L’introduction progressive du vaccin contre le HPV au Nigeria a rencontré un succès remarquable, avec plus de 12 millions de filles vaccinées à la mi-2024. Le programme, qui a débuté par une campagne dans 16 États, administrant le vaccin dans des établissements de santé publique en 2023, a atteint une couverture de 96 % lors de la deuxième phase en 2024. Ce progrès a été soutenu par un engagement politique fort, notamment grâce au soutien de la Première Dame, et par l’intégration du vaccin contre le HPV dans les activités de sensibilisation en santé existantes. Le pays vise à intégrer le vaccin contre le HPV dans la vaccination de routine d’ici 2025, en ciblant les filles âgées de 9 ans.

Cependant, la faible couverture dans certaines régions, comme Lagos, où une campagne ciblée est prévue, a suscité des discussions sur la manière dont le Nigeria pourrait reproduire le succès observé dans d’autres États. La nécessité d’une coordination durable entre les établissements de santé et les écoles a été soulignée, tout comme l’importance de la sensibilisation communautaire, en particulier pour les filles non scolarisées. Une leçon clé tirée a été l’efficacité de l’intégration de la vaccination contre le HPV avec d’autres initiatives de santé publique, mais des questions demeurent quant à la manière de résoudre les disparités régionales en matière de couverture et de garantir un accès équitable pour toutes les filles éligibles.

Discussions en petits groupes

Les participants à la réunion d’engagement post-symposium ont été répartis en trois groupes : un groupe francophone (Burkina Faso, Sénégal, Niger, Mali, Côte d’Ivoire, Cameroun) et deux groupes anglophones (1 : Gambie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe, 2 : Nigeria, Ghana, Kenya). Chaque groupe a discuté des stratégies pour améliorer les programmes de vaccination contre le HPV, en soulignant à la fois les défis communs et les approches uniques.

La prestation des services a été un sujet majeur, avec la vaccination en milieu scolaire identifiée comme une stratégie clé pour atteindre les filles. Des pays comme le Zimbabwe et l’Ouganda ont connu du succès en utilisant les écoles, mais ils ont également reconnu des défis pour atteindre les filles non scolarisées et maintenir la couverture dans les établissements de santé. La sensibilisation communautaire a été notée comme un complément précieux, bien que difficile à maintenir. Des questions de consentement dans les écoles et le besoin de meilleures stratégies pour atteindre les populations immunodéprimées et marginalisées ont également été discutés.

La coordination entre les secteurs de la santé, de l’éducation et les leaders communautaires a été considérée comme essentielle. Des partenariats solides, y compris des collaborations public-privé en Ouganda, ont contribué à améliorer la couverture vaccinale. Cependant, la désinformation – notamment les préoccupations concernant l’infertilité – reste un obstacle important, soulignant l’importance d’impliquer les leaders religieux et communautaires dans les campagnes de vaccination.

Enfin, les groupes ont discuté de la durabilité, en insistant sur la nécessité d’intégrer la vaccination contre le HPV dans les services de santé de routine. Les périodes d’intensification et les campagnes comme le « Octobre Rose » au Sénégal augmentent la couverture mais ne sont pas durables à long terme. L’importance de sécuriser un financement au niveau national après le soutien de GAVI a été soulignée, avec des appels à l’engagement continu des parties prenantes pour maintenir l’élan de la vaccination.

Conclusion et prochaines étapes

L’engagement post-symposium a mis en lumière à la fois les succès et les défis persistants dans l’extension des efforts de vaccination contre le HPV à travers les pays. Des pays comme le Burkina Faso et le Nigeria ont réalisé des progrès significatifs, tandis que d’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe, continuent de faire face à des défis liés à la disponibilité des vaccins, aux barrières logistiques et à l’acceptation communautaire.

Un point clé des discussions a été la nécessité pour les pays de maintenir l’élan grâce à une combinaison de campagnes en milieu scolaire, d’initiatives ciblées pour les filles non scolarisées et d’une meilleure intégration de la vaccination contre le HPV dans d’autres programmes de santé. Le passage à des calendriers à dose unique dans de nombreux pays offre de nouvelles opportunités pour les efforts d’intensification, mais des questions demeurent sur la meilleure façon de maintenir une couverture tout au long de l’année, en particulier dans les régions où les systèmes de vaccination de routine sont contraints.

À l’avenir, les pays devront continuer à tirer parti des partenariats mondiaux, tels qu’avec GAVI, pour combler les lacunes de financement et les problèmes d’approvisionnement en vaccins. De plus, l’engagement communautaire continu et des stratégies de communication adaptées seront essentiels pour surmonter les obstacles culturels et la désinformation.

Ce livre blanc fournit un compte rendu détaillé des discussions de l’engagement post-symposium et présente les mises à jour clés, les défis et les questions soulevées. Il sert de ressource pour les pays afin de réfléchir à leurs progrès et d’envisager de nouvelles stratégies pour surmonter les obstacles à la vaccination contre le HPV.


1.             Who, Unicef. WHO/UNICEF Estimates of National Immunization Coverage, 2023 Revision. 2024.