Au Malawi, la pérennité financière de la vaccination contre le HPV s’inscrit dans un contexte marqué par de multiples urgences sanitaires — COVID-19, polio, épidémies de choléra et déplacements de populations liés aux cyclones — qui pèsent sur les ressources et les priorités programmatiques. Le cancer du col de l’utérus est la première cause de décès par cancer chez les femmes de 15 à 49 ans au Malawi, avec une incidence standardisée selon l’âge de 67,9 pour 100 000 femmes par an et environ 2 905 décès annuels, ce qui justifie pleinement un investissement soutenu dans la vaccination HPV. Après une phase pilote entre 2013 et 2015, le vaccin a été introduit par campagne en 2019 et 2020 avec des couvertures de 83 % et 72 % respectivement, puis intégré au calendrier vaccinal de routine en 2021 ; la couverture a ensuite chuté à 12–14 % pendant la période COVID avant de remonter à 38 % en 2025, avec une campagne multi-cohortes d’âge en cours pour accélérer le rattrapage. Gavi a assuré le financement intégral de 2019 à 2022, le Malawi ayant ensuite débuté le cofinancement en 2023 à raison de 0,20 USD par dose — une obligation honorée de manière constante. Les mécanismes de pérennité mis en place comprennent un engagement gouvernemental de 2019 garantissant la non-détournabilité des fonds alloués aux vaccins, l’intégration du HPV dans la Stratégie nationale de vaccination 2025–2030, les plans de travail annuels du PEV et la subvention de renforcement du système de santé, ainsi qu’une coordination multisectorielle robuste via l’équipe de planification de l’approvisionnement, associant le Ministère de la Santé, l’UNICEF, l’OMS et le Ministère des Finances. Parmi les obstacles figurent les pénuries de devises qui ont affecté en 2025 les transferts vers l’UNICEF, et le risque persistant de détournement budgétaire en situation d’urgence. Les leçons retenues soulignent le rôle déterminant de la volonté politique — illustrée par un lancement présidentiel de la revitalisation du programme HPV —, l’intégration programmatique comme levier d’efficience, et la stratégie PIRI pour atteindre chaque fille éligible.