En Côte d’Ivoire, la transition hors du financement de Gavi constitue l’un des défis programmatiques et financiers les plus structurants pour le programme national de vaccination. Bénéficiaire du soutien de Gavi depuis 2001, le pays est entré en phase de transition accélérée fin 2022, avec pour objectif un autofinancement complet d’ici 2030. Cette transition implique une multiplication par plus de quatre de la contribution nationale au cofinancement — de 6,2 millions de dollars en 2023 à 32 millions en 2029 — dans un contexte alourdi par l’introduction récente du vaccin antipaludique dans le portefeuille cofinancé. La préparation s’est organisée en phases successives depuis 2016 : sensibilisation du gouvernement lors des conférences budgétaires et des réunions de cabinet, obtention d’une attestation pour le paiement anticipé des vaccins, augmentation progressive du budget d’achat, et opérationnalisation de la déclaration d’Abidjan — engagement commun de neuf pays en transition vers un financement domestique durable de la vaccination. Parmi les acquis figurent une ligne budgétaire sécurisée dans le budget de l’État, un fonds intégré couvrant le VIH, le paludisme, la tuberculose et le PEV, ainsi qu’un secrétariat dédié au suivi de la déclaration d’Abidjan. Les opportunités comprennent un mémorandum d’accord avec l’UNICEF donnant accès à la centrale d’achat de Copenhague et un découvert de 5 millions de dollars dans le cadre de l’Initiative pour l’Indépendance Vaccinale. Les risques portent sur les écarts persistants entre dotations prévues et fonds effectivement alloués, les retards de transfert susceptibles d’entraîner des ruptures de stock, et la difficulté structurelle de constituer six mois de réserves vaccinales à l’avance — condition pourtant indispensable à la continuité de l’approvisionnement.